Je vous avais promis un article sur l’endométriose, un article pour lequel il m’a fallu du temps pour le finaliser… Ce n’est pas toujours évident de s’ouvrir et de parler de soi, de ses douleurs, de ses problèmes… Surtout quand il s’agit d’un sujet aussi « intime ».
Mais j’ai pu constater que vous êtes nombreuses à être concernées, et que c’est encore un sujet trop souvent « tabou ».
QU’EST-CE QUE L’ENDOMÉTRIOSE ?
Dans endométriose, on entend le mot « endomètre ». L’endomètre est le tissu qui recouvre la paroi interne de l’utérus et qui s’épaissit à chaque début de cycle menstruel. Il est ensuite évacué chaque mois par le vagin lorsqu’aucun embryon n’est implanté : ce sont les règles.
Chez presque toutes les femmes, on observe ce qu’on appelle des menstruations rétrogrades : au lieu de s’écouler par le vagin, une partie du sang remonte par les trompes de Fallope et se répand dans la cavité abdominale.
Chez 90 % des femmes, ce phénomène ne cause aucun souci, car le corps élimine ces cellules naturellement.
Mais chez environ 10 % d’entre elles, ces cellules s’accrochent aux organes, s’installent, provoquent des inflammations, des douleurs… sans qu’on en connaisse vraiment la cause.
C’est ce qu’on appelle l’endométriose.
CE QUE J’AI VÉCU…
Par où commencer ? Je ne saurais même pas dire si j’en souffrais déjà avant d’avoir des enfants…
J’ai lu que certaines femmes atteintes d’endométriose ont des difficultés à concevoir. Pour ma part, j’ai eu la chance de donner la vie deux fois, sans aucune difficulté.
Les douleurs ont commencé, si mes souvenirs sont bons, une à deux années après mon deuxième accouchement :
- des règles extrêmement douloureuses
- des kystes à répétition
- des douleurs pendant les rapports sexuels… et j’en passe.
Mon gynéco m’a laissé entendre que cela pouvait être de l’endométriose….
1 -2 années ont passé, et les douleurs étaient toujours là.
J’ai changé trois ou quatre fois de contraception en pensant que cela allait peut-être améliorer les choses… Mais rien n’y faisait. Les douleurs devenaient de plus en plus fortes, au point que je devais rester couchée sur le ventre pendant un ou deux jours.
Puis, les douleurs pendant les rapports se sont intensifiées au point de devoir dire à mon compagnon : « Arrête ! ». C’est à ce moment-là que j’ai compris qu’il fallait agir.
J’ai repris rendez-vous chez mon gynéco.
Ayant constaté l’évolution des douleurs au fil des consultations, nous avons décidé de faire une laparoscopie, une petite opération exploratrice en ambulatoire. Elle consiste à injecter du gaz (CO2) dans l’abdomen pour mieux visualiser les organes.
La sensation au réveil est un peu désagréable, on se sent lourde et gonflée, mais les cicatrices sont minuscules — je ne les vois même plus aujourd’hui.
Diagnostic : endométriose confirmée.
PRISE DE DÉCISION
Voilà, c’est confirmé. J’ai 31 ans et une endométriose qui me pourrit le quotidien.
Que faire ? C’est aussi la question que s’est posée mon gynéco.
Trop jeune pour ce type d’opération ? Peut-être…
Mais continuer ainsi, alors que je ne souhaite plus d’enfants ?
Deux choix s’offraient à moi :
- Continuer à vivre avec cette douleur chronique.
- Faire une ablation de l’utérus (hystérectomie), et ne plus JAMAIS avoir mal. Mais aussi… ne plus jamais pouvoir porter la vie.
Même si je ne voulais plus d’enfants, cette décision n’a pas été facile. C’est une opération irréversible. Cette question, je me la suis posée des dizaines, des centaines, des milliers de fois… MAIS au fond de moi, je crois que j’avais déjà fait le « deuil » d’une nouvelle grossesse au moment de mon divorce. Puis, j’ai pris LA décision, celle qui me semblait la meilleure pour moi.
MAI 2017
Direction la clinique pour une hystérectomie.
Une opération assez lourde : entre 1h30 et 2h d’intervention, 6 jours à la clinique, 2 jours alitée.
Je l’ai très bien vécue, et j’ai récupéré rapidement. Je n’ai aucune cicatrice visible, car mon utérus, étant petit, a pu être retiré par voie naturelle (vaginale).
Et non, je ne suis pas en ménopause : j’ai toujours mes ovaires, qui fonctionnent normalement.
J’ai encore parfois quelques symptômes prémenstruels… et même des sautes d’humeur ! 😅
Mais le bonheur, c’est de ne plus avoir de DOULEURS. Plus de règles. Plus de crises.
AUJOURD’HUI
Quand j’ai lancé le mot ENDOMÉTRIOSE en storie, je crois que je n’ai jamais reçu autant de messages.
Des témoignages, des questions, des récits bouleversants… et tellement de soutien.
C’est ce qui m’a donné envie de vous partager mon parcours, ici, noir sur blanc.
Cette maladie est trop souvent incomprise, même du corps médical.
Il est essentiel d’en parler, d’oser poser des mots sur les maux, et surtout, de
trouver un·e gynécologue à l’écoute.
Aujourd’hui, je revis. Il n’y a pas un seul jour où j’ai regretté cette opération.
J’ai eu la chance d’avoir un gynéco compréhensif, et malgré mon jeune âge, il m’a soutenue dans ma décision, car ma vie devenait invivable…
J’espère que cet article vous sera utile, qu’il répondra à certaines de vos questions.
N’hésitez pas à le partager autour de vous, et surtout à en parler.
Vous n’êtes pas seules.
💛Si vous avez encore des questions, j’y répondrai sous cet article avec plaisir.